samedi 30 mars 2013

Renée Dunan experte cunnilinguiste

Il faut que je répare enfin une grosse lacune de ce blog qui s'il cite beaucoup de femmes littéraires, n'a pas encore cité Renée Dunan dont vous retrouverez le portrait chez Lubricités, les cahiers d'Anne Archet.

ARCHET Kuthan Cup P

Renée Dunan a écrit sous le pseudo de Louise Dormienne , Les Caprices du sexe ou les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B… 1928, dont vous retrouvez le texte chez eros thanatos.

ARCHET Kuthan Cup

Louise de Bescé rencontre dans ses aventures un homme charmant, banquier au sexe énorme (espèce qui a disparu) Elle se laissait lesbianiser par l’homme au priape monstrueux et, pendant ce temps, une autre femme faisait au mieux afin que l’éjaculation se produisît.

ARCHET Kuthan Cup 1


Ci dessous la scène où Le baron de Blottsberg propose cet arrangement à Louise.
Il dit encore :
- Laissez-moi vous faire ce que l’on nomme minette. Là ! placez-vous bien, les jambes allongées. Levez votre jupe. Malgré mon âge, je vais pourtant jouir encore tout de suite.
- J’y consens, dit-elle.
Il se plaça entre les cuisses de Louise, lui saisit les fesses, les souleva juste assez pour bien mettre en vedette la fente féminine et colla dessus ses lèvres ardentes. Elle laissa faire, regrettant de n’avoir pas demandé auparavant les conditions financières de cette entreprise amoureuse. Elle regardait aussi la tête crépue du banquier penchée sur son ventre et elle avait envie de s’esclaffer. Mais soudain…
Ah ! soudain, comme si on avait touché en elle un ressort secret, elle sentit un frisson inconnu naître et s’étendre. Cela l’envahissait toute et se traînait avec une douceur exquise au long de ses nerfs irrités. Ce fut bientôt délicieux, puis mieux encore, et enfin elle se sentit amenée lentement au paroxysme de la joie. La langue enfoncée dans son sexe, les lèvres caressant le clitoris érigé et les doigts maniant avec délicatesse les fesses et l’anus, Blottsberg faisait jouir Louise de Bescé et ce fut pour elle la vraie révélation de la volupté. Avec un cri de délices elle se renversa, les bras battants, sur les coussins. Elle offrait, les jambes écartées, tout son être à l’enivrant contact. Ah ! immobiliser cette minute délirante… Elle cria :
- Ah ! Ah ! je jouis !…
Pendant ce temps, au fond de la voiture, le sperme, tombant de l’énorme sexe du banquier, faisait une petite mare crémeuse…

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Illustration George Kuthan, «Aphrodite’s Cup» proposée également par Anne Archet

jeudi 28 mars 2013

I'm a cunnilingus bottom

Dans une banlieue de Baltimore, Sylvia Stickles (Tracey Ullman), épicière à la vie rangée, évitant autant que faire se peut de sacrifier au devoir conjugal, est victime d'un coup sur la tête. Ce choc survenant après la rencontre avec un sorcier du sexe, gourou charmeur et libidineux (Johnny Knoxville), fait d'elle une nymphomane acharnée adepte des cunnilingus improvisés en toutes circonstances. Sylvia Stickles rejoint ainsi la cohorte des érotomanes du quartier. Face à cette exhibition de perversions diverses, les citoyens "normaux" se liguent et partent en guerre contre l'obscénité et le prosélytisme sexuel.

Lesbiennes enragées, scato blagueur, ours très bien léchés, masturbatrice frénétique, poupée surgonflée, échangistes prosélytes, écureuils partouzards, gros bébé-pervers pépère, hétéros, homos, bi, ou autres, ici c'est la joyeuse partouze intersidérale, la décomplexée grande fête du cul et c'est un régal ! Waters balance sa grande tarte au sperme à la gueule de l'Amérique bien pensante avec une joie de vivre et de baiser si communicative qu'on ne peut qu'adhérer à cette nouvelle secte des pervers en tous genres et adorateur du cul, de la bite, du vagin, du clitoris et de tous les trous et perversions imaginables... Foxart sur Allociné

 A Dirty Shame de John Waters 2005



mercredi 27 mars 2013

La vie rêvée des netsuke

Continuant mes recherche sur les netsuke, j'ai été aiguillé par l'indispensable @mateur d'art vers cette oeuvre de David Levinthal.

Les netsuke de David n’ont, pour leur part, aucune autre finalité que l’émoi sensuel ; avec le XXème siècle, ces figurines ont pris la forme de scènes érotiques pour le marché occidental. Fabriquées en résine, elles sont commercialisées dans des bazars de New York ou sur internet. David Levinthal les collectionne depuis de nombreuses années. Il les photographie dans des mises en scène.

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mardi 26 mars 2013

Netsuke : cunnilingus miniature

Le Netsuke est un objet vestimentaire traditionnel japonais servant à maintenir les sagemono (littéralement « objets suspendus ») 

Je n'ai pas trouvé de blog de référence sur le sujet, je vous propose cette chaine youtube.
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Le thème de l'octopus est bien sur un thème important.

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lundi 25 mars 2013

Le mandrin vultueux

Un site gargantuesque pour votre salon. Site officiel des Chevaliers à La Feuille de Rose de la Grande Loge des Taste-Moules, de La Feuille De Rose et des Proctologues Réunis.

Viens laguche
 
Le cave qui va triquant
 
La bacchanale inachevée

dimanche 24 mars 2013

Mona lisa ou l'éloge de la chatte

Baffo (1694 - 1768) ne veut pas de métaphores, il donne à la sexualité les noms qu'elle a dans la bouche commune, et l'obscénité de la langue parlée accède alors à sa pleine dignité. Toutes les hyperboles, périphrases, équivoques, toutes les figures du langage érotique de son temps, langage malade, en décomposition, Baffo, comme Sade, les élimine et, plus libre que Sade, il invente une santé. La "littérature", il en va d'elle comme des "parures des dames": il faut la lire, la traverser, la dénoncer, langage qui ne dit rien d'autre en fait que le désir. Maurice Régnault

Giorgio baffo ou le Poeta pornografo

J'ai découvert Giorgio Baffo à partir d'un lien avec Moniche. Tous les poèmes de Giorgo Baffo écrit en vénitien parle de la Mona, le sexe féminin. Je ne sais pas si le bondage était une pratique de l'époque mais il vous faut bien une petite pause visuelle.

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Heureusement toutes les traducteurs (trices) ne traduisent pas mona par moniche. Ainsi du poème le plus connu : LODE ALLA MONA.

Cara Mona, che in mezzo a do colone
    Ti xe là messa, come un capitelo,
    Per cupola ti gà do culatone,
    E ’l bus del Cul de sora xe ’l to Cielo.

Chère Moniche qui, entre deux colonnes,
Est mise là, ainsi qu'un chapiteau,
Pour coupole tu as deux grosses fesses
Et le trou du cul, au-dessus, est ton ciel.
Ou la traduction chez venise libertinage
Chère chatte, qui est à comme un chapiteau
Au sommet de deux colonnes,
Avec pour coupole, deux grosses fesses
Avec le trou du cul et sa sœur le trou du ciel.

(...)
Notte, e zorno ti fà miracoloni,
    Che l’acqua, che trà sù la to fontana,
    Dà vita ai morti, e spirito ai Cogioni

Nuit et jour tu opères de grands miracles,
Car l'eau que fait jaillir ta fontaine
Donne la vie aux morts et l'esprit aux couillons.
Ou
Donne vie à la bite et donne l'esprit aux couilles

Pour ma part je ne peux me permettre d'oser une traduction mais je vous propose celui-ci dont les sonorités me parlent.

Amici, son in mona; oh che gran gusto! 
Amici, son in mona; oh che gran gusto!
E son in mona della mia diletta;
Ora ghe tocco 'l cul, ora una tetta,
E in questo posso dir, che go 'l mio giusto.

La s'ha mollà le cottole, e anca 'l busto,
Acciò che con più comodo ghe 'l metta,
In bocca la m'ha dà la so lenguetta,
E la me trà ogni tanto qualche susto.

Mi me la godo fuora de misura,
E aver vorrìa l'osello longo un brazzo
Per furegarghe ben in la natura.

Ah! che per far più grande el mio solazzo,
E per darghe più gusto a sta creatura,
Esser vorrìa in sto punto tutto cazzo.

Vous pouvez retrouver des poèmes sur les lesbiennes chez venise libertinage, et une grande sélection de poèmes sur wikisource ou chez scribd.

Vous pouvez également trouvez les poèmes de Baffo illustrés par Hugo Pratt. ou par Michèle Teysseyre.

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Et pour finir je ne connaissais pas le mot d'Apollinaire sur Venise : Le Baffo était content de son époque, il était heureux de vivre, et de vivre à Venise, ville amphibie, cité humide, sexe femelle de l’Europe. Apollinaire

mercredi 20 mars 2013

Jeux de langues

Les délicieux jeux de langues de Simonne Michel Azais, dans les poèmes interdits, Goelette, 1953
Jeux
Il attarde sa langue au creux brûlant de l'aine
Avant de l'introduire en plus discret endroit

Langue

Telle un pétale au bouton qui l'appelle
Et d'un rose aussi pur
Et d'aussi ferme émoi
Langue qui sauras mieux amignarder ma lèvre
Et la vouloir perler
Que le jeu de ses doigts
Langue qui me boiras
Quand je boirai la sève
Affleurée doucement à si troublant état
Langue qui me feras crier d'éblouissance
Amie de mon plaisir
Je m'entrouvre pour toi.
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Amour
Lors
Tes lèvres d’amour entrouvriront ma vulve
Et boiront mon désir
Comme on boit un vin fou
Ce désir
Qui courait au long de mon Échine
Et faisait se cambrer mes reins
A ton toucher si doux
Lors
Je ne saurai plus si c’est moi que tu aimes
Ou seulement
Ta joie
De me donner l’amour.
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J'ai découvert S. M. Azais chez PoésiEtmoi et retrouvez un lien vers le recueil chez romanlesbien

mardi 19 mars 2013

La langue secrète

J'ai un copain un matamore
Qui se croit champion du cuni
Alors que son amie Nini
Me dit que c'est un labrador

La suite sur le site Montmartre secret qui consacre quelques billets au cunnilingus

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Naomie on my face 
(Vu sur le blog Misella Landica)

dimanche 17 mars 2013

Les neufs portes de ton corps

Après Paul Verlaine, Guy de Maupassant, Guillaume Apollinaire va prendre une place plus importante dans les références de cette anthologie du cunnilingus.
En 1915, Guillaume demande à Madeleine Pagès de copier les poèmes qui sont joints à leur correspondance. Excepté les poèmes secrets.

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Dont les neufs portes de ton corps (intégral chez le refuge poétique)

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Recueil illustré par Dali

Ce poème est pour toi seule Madeleine
Il est un des premiers poèmes de notre désir
Il est notre premier poème secret ô toi que j`aime
Le jour est doux et la guerre est si douce. S`il fallait en mourir !!
(...)

Huitième porte de la grande beauté de mon amour
Ô mon ignorance semblable à des soldats aveugles parmi les chevaux de frise sous la lune liquide des Flandres à l`agonie !
Ou plutôt comme un explorateur qui meurt de faim de soif et d`amour dans une forêt vierge
Plus sombre que l`Érèbe
Plus sacrée que celle de Dodone
Et qui devine une source plus fraîche que Castalie
Mais mon amour y trouverait un temple
Et après avoir ensanglanté le parvis sur qui veille le charmant monstre de l`innocence
J`y découvrirais et ferais jaillir le plus chaud geyser du monde
Ô mon amour, ma Madeleine
Je suis déjà le maître de la huitième porte

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samedi 16 mars 2013

Ma source

Je n’ai point assez du Baiser
Dont se contente tout le monde
Et la source où je veux puiser
Est plus cachée et plus profonde !

De votre bouche elle est la sœur !
En pied d’une blanche colline
J’y parviendrai, dans l’épaisseur
D’un buisson frisé qui s’incline.

Elle est fermée et l’on y boit
En écartant un peu la mousse
Avec la bouche, avec le doigt
Nulle soif ne semble plus douce.

Près de l’entrée on trouvera
Ce rocher que frappait Moïse
Et je veux que ma bouche épuise
Ce flot d’amour qui jaillira !


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Car ma caresse ardente et forte
A fait monter l’onde à ses bords !
Je suis à genoux ; c’est la porte
Du sanctuaire de ton corps.

Tu palpites ; je t’y sens vivre ;
Et je sens grandir, qui m’enivre,
L’arôme secret de tes flancs !
Car j’aime tes parfums troublants

Plus que l’odeur des forêts vertes,
Plus que la rose et le jasmin,
Source vive, aux lèvres ouvertes !
Et je t’emporte dans ma main.

Senteur divine ! Et ma moustache,
Ainsi qu’un souffle d’encensoir,
Jette à mon cerveau jusqu’au soir
Ce fumet où mon cœur s’attache !


Guy de Maupassant
Nouveau Parnasse Satyrique du XIXème siècle 1881

vendredi 15 mars 2013

Excitant lexique

La sonorité fait penser à un cheval sur les pavés, je gabahote. Car si baiser est bien, gabahoter est mieux.
Rien à voir avec l'honnête et insipide président de région, gamahuchons : 

Viens là Gahuche

Et si le gamahutage ne se fait pas à l'étage mais au sous sol c'est que son origine serait musicale gama-ut le son le plus bas de la gamme.

La gougnotte se fait lécher la motte par la gouine fouineuse. Sans gougnafier la gougne se goinfre.

N'otons pas le Langotter de Sade ou Flaubert

Vous pouvez retrouver ses mots dans le dictionnaire érotique moderne de 1864 d'Alfred Delvau

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Gnougnougnaffer fait également un bruit de bouche et que pourrait-il faire de mieux à la femme d'André pour se venger d'André dont il vient d'apprendre à l'enterrement de sa femme qu'André, son chef du contentieux, le si parfait monsieux Dupneu lui broutait le minou, de la gnougnougnaffer à son tour.

mercredi 13 mars 2013

Les similitudes

Les tentures se soulevèrent et les étranges beautés qui se pressaient derrière le rideau s’avancèrent vers moi, les unes à la suite des autres.
Ce furent d’abord des tiédeurs vagues, des vapeurs mourantes d’héliotrope et d’iris, de verveine et de réséda qui me pénétrèrent avec ce charme si bizarrement plaintif des ciels nébuleux d’automne, des blancheurs phosphoriques des lunes dans leur plein, et des femmes aux figures indécises, aux contours flottants, aux cheveux d’un blond de cendre, au teint rosé bleuâtre des hortensias, aux jupes irisées de lueurs qui s’effacent, s’avancèrent, tout embaumées, et se fondirent dans ces teintes dolentes des vieilles soies, dans ces relents apaisés et comme assoupis des vieilles poudres enfermées, durant de longues années, loin du jour, dans les tiroirs de commodes à ventre.

Puis la vision s’envola et une odeur fine de bergamote et de frangipane, de moos-rose et de chypre, de maréchale et de foin qui traînait çà et là, mettant comme une de ces touches sensuelles de Fragonard, un papillotage de rose dans ce concert de fadeurs exquises, jaillit, pimpante, énamourée, cheveux poudrés de neige, yeux caressants et lutins, grands falbalas couleur d’azur et de fleur de pêcher, puis s’effaça peu à peu et s’évanouit complètement.

A la maréchale, au foin, à l’héliotrope, à l’iris, à toute cette palette de nuances lascives ou calmées, succédèrent des tons plus vifs, des couleurs enhardies, des odeurs fortes : le santal, le havane, le magnolia, les parfums des créoles et des noires.

Après les fluides légers, les glacis vaporeux, les senteurs caressantes et ensommeillées ; après les roses affaiblis et les bleus mourants, après les surjets de couleurs et les réveillons des tropiques, crièrent bêtement les rabâcheries vulgaires : lourdeur des ocres, pesanteur des gros verts, épaisseur des bruns, tristesse des gris, bleuissement noir des ardoises ; et de lourds effluves de seringat, de jacinthe, de portugal, rirent de toute leùr face béatement radieuse, de toute leur face de beautés banales aux cheveux noirs et pommadés, aux joues laquées de rouge et plâtrées de talc, aux jupes tombant sans grâce, le long de corps veules et gras. Puis vinrent des apparitions spectrales, des enfantements de cauchemars, des hantises d’hallucination, se détachant sur des fonds impétueux, sur des fonds de vert-de-gris sulfuré, nageant dans des brumes de pistache, dans des bleus de phosphore, des beautés affolées et mornes, trempant leurs appas étranges dans la sourde tristesse des violets, dans l’amertume brûlante des orangés, des femmes d’Edgar Poe et de Baudelaire, des poses tourmentées, des lèvres cruellement saignantes, des yeux battus, par d’ardentes nostalgies, agrandis par des joies surhumaines, des Gorgones, des Titanides, des femmes extra-terrestres, laissant couler de leurs jupes fastueuses des parfums innommés, des souffles d’alanguissement et de fureur qui serrent les tempes, déroutent et culbutent la raison mieux que la vapeur des chanvres, des figures du grand maître moderne, d’Eugène Delacroix.

Ces évocations d’un autre monde, ces embrasements sauvages, ces tonalités crépusculaires, ces émanations surexcitées disparurent à leur tour et un hallali de couleurs éclata, prestigieux, inouï.

Un ruissellement d’étincelles de pourpre, une fanfare de senteurs décuplées et portées à leur densité suprême, une marche triomphale, un éblouissement d’apothéose parurent dans le cadre de la porte et des filles étalant sur leurs jupes somptueuses toute la fougue, toute la magnificence, toute l’exaltation des rouges, depuis le sang carminé des laques jusqu’aux flambes du capucine, jusqu’aux splendeurs glorieuses des saturnes et des cinabres, tout le faste, tout le rutilement, tout l’éclat des jaunes, depuis les chrômes pâlis jusqu’aux gommes-guttes, aux jaunes de mars, aux ocres d’or, aux cadmium, s’avancèrent, chairs purpurines et débordées, crinières rousses et sablées de poudre d’or, lèvres voraces, yeux en braises, soufflant des haleines furieuses de patchouli et d’ambre, de musc et d’opopanax, des haleines terrifiantes, des lourdeurs de serres chaudes, des allégro, des cris, des autodafés, des fournaises de rouge et de jaune, des incendies de couleurs et de parfums.

Puis tout s’effaça, et alors les couleurs primordiales : le jaune, le rouge, le bleu, les parfums pères des odeurs composées : le muse-tonkin, la tubéreuse, l’ambre, parurent et s’unirent devant moi en un long baiser.

A mesure que les lèvres se touchaient, les tons faiblissaient, les senteurs se mouraient ; comme les phénix qui renaissent de leurs cendres, ils allaient revivre sous une autre forme, sous la forme des teintes dérivées, des parfums originaires.

Au rouge et au jaune succéda l’orange ; au jaune et au bleu, le vert ; au rose et au bleu, le violet ; les non-couleurs même, le noir et le blanc parurent à leur tour et de leurs bras enlacés tomba lourdement la couleur grise, une grosse pataude qu’un baiser rapide du bleu dégrossit et affina en une Cydalise rêveuse : la teinte de gris-perle.

Et de même que les tons se fondaient et renaissaient différents, les essences se mêlèrent, perdant leur origine propre, se transformant suivant la vivacité ou la langueur des caresses en des descendances multiples ou rares : maréchale, à base de musc, d’ambre, de tubéreuse, de cassie, de jasmin et d’orange ; frangipane extraite de la bergamote et de la vanille, du safran et des baumes de musc et d’ambre ; jockey-club issu de l’accouplement de la tubéreuse et de l’orange, de la mousseline et de l’iris, de la lavande et du miel.

Et d’autres... d’autres... nuances du lilas et du soufre, du saumon et du brun pâle, des laques et des cobalts verts, d’autres... d’autres... le bouquet, la mousseline, le nard, éclataient et fumaient à l’infini, claires, foncées, subtiles, lourdes.
..........................................

Je me réveillai — plus rien. — Seule, au pied de mon lit, Icarée, ma chatte, avait relevé son cuissot de droite et léchait avec sa langue de rose sa robe de poils roux.

Joris Karl Huysmans
Les similitudes
A Théodore Hannon
Croquis parisien 1880

Bel ami et l'androgyne

Je vous ai proposé Ma source ce matin. Je vous propose les délicieuses chutes des Lettres de Guy de Maupassant à Gisèle d'Estoc en 1881 année de leur rencontre. Quand au lien entre Ma source et Gisèle une lettre parlerait de cette douce faveur que votre ardeur réclame.
Je vous baise les pieds... et les lèvres... et je m'arrête longtemps entre les deux extrêmes.1881
Mille caresses sur... toutes tes lèvres. 1881
Mille baisers. La moitié dans le département Bourget (tête), l'autre moitié dans le département Maupassant (c...). 1881
Mille baisers partout, aux extrémités, sur les pointes et dans les creux. 1881
Adieu ma belle amie, je vous embrasse dans tous les coins et cavités. 1881

Adieu ma belle amie, je vous embrasse en toutes vos ouvertures ! 1883
Gisèle d'Estoc reste un mystère. Elle avait 17 ans quand elle rencontre Guy de Maupassant. Quant au Cahier d'Amour, où Gisèle d'Estoc fait le récit de sa liaison avec l'écrivain, ce texte, publié deux fois par Pierre Borel, demeure suspect, le manuscrit original ayant disparu. Correspondance

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dimanche 10 mars 2013

Kugelrunda : Rondement cunni

Impressionnantes aquarelles d'un artiste anonyme tchèque selon le fascicule Kugelrunda publié en Allemagne.

The book features 32 plates after watercolors of erotic art by an unknown Czech artist, circa 1920. The images consist primarily of mature corpulent women in explicit poses and/or engage in sexual conduct. Also includes a one-page preface with TEXT IN GERMAN. Touch of rubbing to portions of the illustrated card wrapper's edges, but an otherwise as new book.
Riverso me propose la traduction de Kugelrunda par ronde comme un ballon, (ce terme doit être attribué aux femmes enceintes on trouve des photos de ventres de femmes enceintes) et par grassouillette.

J'ai découverts cette oeuvre chez au carrefour de l'étrange qui souligne l'influence que peut avoir eu cette oeuvre sur Namio Harukawa.

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J'aurais pu intituler ce billet le sourire des femmes rondes.
On trouve une peinture où la femme ne sourit pas

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Scène de viol classique dans l'histoire de la peinture Rubens le viol des filles de Leucippe par exemple ou Titien le viol de lucrèce, ou la même scène par Tintoret.

Les femmes rondes souriantes comme chez Namio Harukawa répondent à cette violence masculine.

Enjambement

L'enjambement est un procédé poétique marquant le débordement syntaxique d’un vers sur le vers. Il peut être accentué par le rejet, élément bref isolé par une coupe marquée, au début de vers 2.

Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse

Le très jeune Arthur Rimbaud a 15 ans il rend compte dans ses premiers poèmes de ses premiers émois, fuguaces et libres comme une fugue de Charleville à Charlerois. Les cahiers de Douai
 
Les baisers s'égrènent Première soirée adolecent timide, la maline et Nina femme est manipulatrice, il a vu la déchéance de Vénus et enfin Au cabaret Vert, l'adolescent a finit sa mue et son voyage, des sens il passe à la chair, de la sensualité il passe à l'érotisme.

Au cabaret vert, cinq heures du soir
 
Depuis huit jours j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
- Au Cabaret-Vert : je demandais des tartines
Du beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. - Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,
- Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! -
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,
Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

Je suis seul à lire gousse et d'être autant excité par cette opulence de beurre et de jambon rose.
J'aurais l'outrecuidance de conseiller à Fabrice Luchini de marquer un petit temps entre gousse et ail pour rendre compte de la canaillerie de ce gamin génial.

Rimbaud peut continuer sa route, à pied mais libre dans ses enjambements.

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

samedi 9 mars 2013

Péché Vé-Miel

Tes lèvres intimes, tes lèvres ultimes,
Ouvrant le buisson à d'autres chansons
Aiment qu'on les goutent, offre-toi bien toutes
Je suis une abeille avide du miel tes lèvres
du miel sur tes lèvres, liqueur sans pareil
et péché vé-miel

Péché-Vé-miel

Pierre Louki

Vers Bissextil

vendredi 8 mars 2013

Quand au temple nous serons

Quand au temple nous serons
Agenouillés, nous ferons
Les dévots selon la guise
De ceux qui pour louer Dieu
Humbles se courbent au lieu
Le plus secret de l'église.

Mais quand au lit nous serons
Entrelacés, nous ferons
Les lascifs selon les guises
Des amants qui librement
Pratiquent folâtrement
Dans les draps cent mignardises.

Pourquoi donque, quand je veux
Ou mordre tes beaux cheveux,
Ou baiser ta bouche aimée,
Ou toucher à ton beau sein,
Contrefais-tu la nonnain
Dedans un cloître enfermée ?

Pour qui gardes-tu tes yeux
Et ton sein délicieux,
Ta joue et ta bouche belle ?
En veux-tu baiser Pluton
Là-bas, après que Charon
T'aura mise en sa nacelle ?

Après ton dernier trépas,
Grêle, tu n'auras là-bas
Qu'une bouchette blêmie ;
Et quand mort, je te verrais
Aux Ombres je n'avouerais
Que jadis tu fus m'amie.

Ton test n'aura plus de peau,
Ni ton visage si beau
N'aura veines ni artères :
Tu n'auras plus que les dents
Telles qu'on les voit dedans
Les têtes des cimeteres.

Donque, tandis que tu vis,
Change, maîtresse, d'avis,
Et ne m'épargne ta bouche :
Incontinent tu mourras,
Lors tu te repentiras
De m'avoir été farouche.

Ah, je meurs ! Ah, baise-moi !
Ah, maîtresse, approche-toi !
Tu fuis comme faon qui tremble.
Au moins souffre que ma main
S'ébatte un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble.

Pierre de Ronsard

J'avais une version de Desproges excellente mais plus de trace sur internet (elle est devenu privé- fuck) celle de Perret est chevrotante, il reste l'interprétation de Guy Béart et celle de Léo Ferré.

Elle est de nouveau disponible.




jeudi 7 mars 2013

Le combat de Laïs et Philante

Un jour le dieu Amour résolu de soumettre à son pouvoir le monde de Pan. Pan désigne Philante le satyre pour le combat face à Laïs championne du dieu Amour. Le combat durera 15 jours au bout duquel Philante s'évanouit et Pan s'avoue vaincu.

Ce poème de la fin du XVI siècle intitulé la bouquinade est attribué à Pierre de Ronsard.

Ci dessous les vers décrivant la belle Laïs

Un ventre aboutissant en un petit gazon,
Mollement duveté d'une blonde toison,
Dont les menus filets, agencés en pantière*.
De tous Vits passagers arrêtaient la Carrière ;
La cime de ce mont, chaude, se départait
En deux bords rougissans, entre lesquels flottait
Un empoix écumeux, dont la liqueur gluante
Avait de mille Vits noyé la soif ardante ;
Deux cuisses rejoignaient cet amoureux ruisseau
Qui, brusques, maniaient celui qui de cet eau
Voulait goûter le miel.
*filets d'oiseleur

Vous pouvez retrouver ce poème chez Poésie érotique.