mercredi 31 juillet 2013

Ces plis roses sont les lèvres

Une jeune fille que j'aimais ne portait jamais de robe. Un jour je lui en offris une que je lui demandais d'enfiler et la trouvant magnifique je l'enlevais immédiatement pour la couvrir de baisers. Je lui dédis aujourd'hui ce poème de Théophile Gautier qui finissent par ces vers.

Et ces plis roses sont les lèvres
De mes désirs inapaisés,
Mettant au corps dont tu les sèvres
Une tunique de baisers.

L'aquarelliste Georg Emanuel Opiz (ou Opitz,  Prague 1775- Leipzig 1841) séjourne à paris en 1813 et 1814 années de chute de l'empire et de son empereur gamahucheur.

mardi 23 juillet 2013

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres

Pour Stéphane Mallarmé aussi l'amour poétique est buccal. Celui qui voulait peindre, non la chose, mais l'effet qu'elle produit s'est souvent penché sur le sexe féminin, et aurait bien voulu gouter à celui de Mery Laurent. Est-ce parce que l'on est Mallarmé que l'on joue de la langue?
Mysticis umbraculis
Elle dormait: son doigt tremblait, sans améthyste
Et nu, sous sa chemise: après un soupir triste,
Il s'arrêta, levant au nombril la batiste.

Et son ventre, sembla de la neige où serait,
Cependant qu'un rayon redore la forêt,
Tombé le nid moussu d'un gai chardonneret.

Une négresse par le démon secouée

Et, dans ses jambes où la victime se couche,
Levant une peau noire ouverte sous le crin,
Avance le palais de cette étrange bouche
Pâle et rose comme un coquillage marin.

 C'est l'après midi d'un faune

L’enfant prodigue

Je veux plonger ma tête en tes cuisses nerveuses
Là, ma sainte, enivré de parfums extatiques,
Dans l'oubli du noir Gouffre et de l'Infini cher,
J'endormirai mon mal sur votre fraîche chair.
Quelle soie aux baumes de temps

Non. La bouche ne sera sûre
De rien goûter à sa morsure,
S'il ne fait, ton princier amant,
Dans la considérable touffe
Expirer, comme un diamant,
Le cri des Gloires qu'il étouffe.

dimanche 21 juillet 2013

Musée secret

Des déesses et des mortelles
Quand ils font voir les charmes nus
Les sculpteurs grecs plument les ailes
De la colombe de Vénus.


Sous leur ciseau s’envole et tombe
Le doux manteau qui la revêt
Et sur son nid froid la colombe
Tremble sans plume et sans duvet.


Ô grands païens, je vous pardonne !
Les Grecs enlevant au contour
Le fin coton que Dieu lui donne
Otaient son mystère à l’amour ;


Mais nos peintres tondant leurs toiles
Comme des marbres de Paros,
Fauchent sur les beaux corps sans voiles
Le gazon où s’assied Éros.


Pourtant jamais beauté chrétienne
N’a fait à son trésor caché
Une visite athénienne
La lampe en main, comme Psyché.


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Au soleil tirant sans vergogne
Le drap de la blonde qui dort,
Comme Philippe de Bourgogne
Vous trouveriez la toison d’or,


Et la brune est toujours certaine
D’amener autour de son doigt
Pour le diable de La Fontaine
Le cheveu que rien ne rend droit.


Aussi j’aime tes courtisanes
Et tes nymphes, ô Titien,
Roi des tons chauds et diaphanes,
Soleil du ciel Vénitien.


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Sous une courtine pourprée
Elles étalent bravement,
Dans sa pâleur mate et dorée
Un corps superbe où rien ne ment.


Une touffe d’ombre soyeuse
Veloute, sur leur flanc poli
Cette envergure harmonieuse
Que trace l’aine avec son pli.


Et l’on voit sous leurs doigts d’ivoire
Naïf détail que nous aimons
Germer la mousse blonde ou noire
Dont Cypris tapisse ses monts.


À Naples, ouvrant des cuisses rondes
Sur un autel d’or Danaé
Laisse du ciel en larmes blondes
Pleuvoir Jupiter monnoyé.


Et la tribune de Florence
Au cant choqué montre Vénus
Baignant avec indifférence
Dans son manchon ses doigts menus,


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Maître, ma gondole à Venise
Berçait un corps digne de toi
Avec un flanc superbe où frise
De quoi faire un ordre de roi.


Pour rendre sa beauté complète
Laisse moi faire, ô grand vieillard,
Changeant mon luth pour ta palette,
Une transposition d’art.


Oh ! comme dans la rouge alcôve
Sur la blancheur de ce beau corps
J’aime à voir cette tache fauve
Prendre le ton bruni des ors


Et rappeler ainsi posée
L’Amour sur sa mère endormi
Ombrant de sa tête frisée
Le beau sein qu’il cache à demi


Dans une soie ondée et rousse
Le fruit d’amour y rit aux yeux
Comme une pêche sous la mousse
D’un paradis mystérieux.


Pommes authentiques d’Hespéride,
Or crespelé, riche toison,
Qu’aurait voulu cueillir Alcide
Et qui ferait voguer Jason !


Sur ta laine annelée et fine
Que l’art toujours voulut raser
Ô douce barbe féminine
Reçois mon vers comme un baiser


Car il faut des oublis antiques
Et des pudeurs d’un temps châtré
Venger dans des strophes plastiques
Grande Vénus, ton mont sacré !


Théophile Gauthier

J'ai découvert ce poème chez Callipyge s'il fut publié en 1864 dans le Parnasse Satyrique (nous y faisons souvent référence) il fut écrit en 1850 et ne fut pas intégré au recueil d'Emaux et Camées par crainte de la censure. 1980 c'est l'année du voyage à Venise avec Marie Mattéi.

Nous aimons ce texte pour sa défense du poil publien, du duvet de Vénus et pour cet amour de la Vénus d'Urbino de Titien.
Muse et secret, musc et sucrée, Musée secret car le tableau n'était pas destiné au grand public mais à l'exposition en chambre, musée secret comme le sexe féminin.

samedi 20 juillet 2013

L'érotisme de Paul Fort

Sans Brassens et la « Complainte du petit cheval blanc », Paul Fort serait aujourd’hui entièrement tombé dans l’oubli. Le prince des poète de 1912 à 1960 est pourtant un sacré numéro. Marié à Marie-Suzanne Theibert avec Verlaine et Mallarmé pour témoin il eut pour maitresse Marguerite Gillot ci dessous immortalisée par Marie Laurencin

marguerite gillot

ll a le coup de foudre pour la très jeune Germaine Pouget connu comme Germaine Tourangelle qu'il va enlever et entrainer dans une tournée de conférences à travers l’Europe entre février et mai 1914 et qu'il épousera à la mort de Suzon à 85 ans.

Sa vie amoureuse si riche en fait un héros ayant sa place ici et pourtant pas de trace de textes érotiques dans son oeuvre littéraire au contraire de ses amis qu'il publie dans sa revue Vers et Prose Rimbaud, Verlaine, Apollinaire, Henri-Pierre Roché, Pierre Louÿs.

Peut-on trouver dans l'amour marin ou comme hier une trace d'érotisme
Hé ! donn' moi ta bouche, hé ! ma jolie fraise !
L'aube a mis des frais's plein notre horizon
Garde tes dindons, moi mes porcs, Thérèse
Ne r'pousse pas du pied mes p'tits cochons

Va, comme hier ! comme hier ! comme hier !
Si tu ne m'aimes point, c'est moi qui t'aim'rons
L'un tient le couteau, l'autre la cuiller
La vie, c'est toujours les mêmes chansons

Pour sauter l'gros sourceau de pierre en pierre
Comme tous les jours mes bras t'enlèv'ront
Nos dindes, nos truies nous suivront légères
Ne r'pousse pas du pied mes p'tits cochons


m_ausg

Marcel Vertès Pays à mon gout


Va, comme hier ! comme hier ! comme hier !
Si tu ne m'aimes point, c'est moi qui t'aim'rons
La vie, c'est toujours amour et misère
La vie, c'est toujours les mêmes chansons

J'ai tant de respect pour ton coeur, Thérèse
Et pour tes dindons, quand nous nous aimons
Quand nous nous fâchons, hé ! ma jolie fraise
Ne r'pousse pas du pied mes p'tits cochons

Va, comme hier ! comme hier ! comme hier !
Si tu ne m'aimes point, c'est moi qui t'aim'rons
L'un tient le couteau, l'autre la cuiller
La vie, c'est toujours les mêmes chansons


La revue Vers et prose  a 2 pôles : un « grand ton », celui d’une poésie sérieuse et grave, parfois hautaine, solidaire d’une tradition savante (et ici bien sûr on ne peut pas ne pas songer à l’exemple de Mallarmé, mais aussi, plus généralement, au Parnasse et à toute une tradition du sublime romantique), tout ce que Saint-Pol Roux appelle « la façon de l’aigle » qui se donne « mission de ramener une proie de soleil ». Et puis, d’autre part, d’entrée de jeu et jusqu’à la fin, ce que le même auteur emblématise sous la figure de la « sauterelle » : un ton beaucoup plus familier, qui ne dédaignent pas d’afficher une certaine forme de naïveté, une proximité avec les genres « populaires », comme la chanson, par exemple. Ce dont témoignent au premier chef les ballades de Fort.

mardi 16 juillet 2013

L'amour marin

On les r’trouve en raccourci, dans nos p’tits amours d’un jour, toutes les joies, tous les soucis des amours qui durent toujours !

C’est là l’sort de la marine, et de toutes nos p’tites chéries. On accoste. Vite ! un bec pour nos baisers, l’corps avec.

Et les joies et les bouderies, les fâcheries, les bons retours, il y a tout, en raccourci, des grands amours dans nos p’tits.

Tout c’ qu’on fait dans un seul jour ! et comme on allonge le temps ! Plus d’ trois fois, dans un seul jour, content, pas content.


MODIGLIANI KERDONIS
On a ri, on s’est baisés sur les neunœils, les nénés, dans les ch’veux à pleins bécots, pondus comme des œufs tout chauds.

On s’en est allé, l’matin, souffler les chandelles des prés. Ça fatigue une catin : ça n’y est pas habituée.

On s’est r’levé des bleuets, les joues rouges et 1’cœur en joie, et l’on est r’tourné chez soi, après un si grand bonheur...

Peu à peu, le cœur en peine, on s’en est r’tourné chez elle, en effeuillant sur les blés une grande marguerite jaune.

La mer !... ah ! elle est là-bas, qui respire sur les épis, et mon bateau, que j’y vois, se balance sur les épis…

On arrive. – Avant d’entrer, on se r’garde, les bras ronds. Ça m’fait clic au fond d’mon fond : elle sort sa petite clé.


MODIGLIANI KERDONIS 3

Le jour tombe, on reste là. On s’met au lit, c’est meilleur, On se r’lève pour faire pipi dans le joli pot à fleurs.

On allume la chandelle, on s’montre dans toute sa beauté ! Vite, on se r’couche, on se r’lève, on s’étire, — c’est l’été.

Y a dans la chambre une odeur d’amour tendre et de goudron. Ça vous met la joie au cœur, la peine aussi, et c’est bon.

Et l’on garde la chandelle pour mieux s’voir et s’admirer. On se jure d’être fidèles. On s’écoute soupirer.

Et, tout à coup, v’là qu’on pleure, sans savoir pourquoi, mon Dieu ! et qu’on veut s’tuer tous les deux, et qu’on s’ravise, cœur à cœur.

Alors, on s’dit toute sa vie. Ça vous intéresse bien peu. Mais ça n’fait rien, on s’la dit. Et l’on croit qu’on s’comprend mieux.

On s’découvre des qualités, on s’connaît, on s’plaint, et puis, demain comme il faut s’quitter, on n’dit plus rien d’toute la nuit.

On n’est pas là pour causer… Mais on pense, même dans l’amour. On pense que d’main il fera jour, et qu’ c’est une calamité.


MODIGLIANI KERDONIS 2

C’est là l’sort de la marine, et de toutes nos p’tites chéries. On s’ accoste. Mais on devine qu’ ça n’sera pas le paradis.

On aura beau s’dépêcher, faire, bon Dieu ! la pige au temps, et l’bourrer de tous nos péchés, ça n’sera pas ça ; et pourtant

toutes les joies, tous les soucis des amours qui durent toujours, on les r’trouve en raccourci dans nos p’tits amours d’un jour.

Mais la nuit se continue. Elle ronfle, la petite poupée, plus doucement, sur son bras nu, qu’une souris dans du blé.


MODIGLIANI NU ROUGE KERDIONIS

Alors, quoi ! faut-y pas s’plaindre, ah ! faut-y pas bougonner, de voir la chandelle s’éteindre en fondant sur la ch’minée.

On r’garde au mur quelque chose, qui grimpe jusqu’au plafond... Ah ! saleté !... c’est gris, c’est rose... V’là l’jour rose comme un    cochon !

On pleure contre l’oreiller. Y en avait qu’un pour nous deux. Ça suffit !... on s’lève… adieu... On part sans la réveiller.

Mais c’qui est l’plus triste, au fond, c’est que, nous qui naviguent, les regrets sont aussi longs, des p’tits amours que des grands.

Et l’on s’demande, malheureux, quand on voulait s’tuer tous deux, rester là, s’éterniser, pourquoi qu’on s’est ravisé ?


L'amour marin
Paul Fort
1900
Tome 2 des Ballades françaises
L'amour et l'aventure

Magnifique évocation du corps à corps amoureux et du baiser (le becot)
J'ai choisi les superbes nues d'Amédéo Modigliani pour illustrer ce texte : génie de la peinture, libéré des contraintes de ses prédécesseurs il peut ajouter de l'érotisme à la Vénus de Titien avec de beaux seins lourds, et quoi de plus beau qu'un peu de poil sur le pubis et les aisselles. On sent l'amour et le goudron de cette chambre pauvre habitant l'amour d'un jour.
La version de Georges Brassens est une grande relecture qui donne une légèreté au thème en diminuant le caractère chronologique de l'histoire.


samedi 13 juillet 2013

Un baiser parmi mille

Le titre d'une oeuvre d'Hervé Scott Flament

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Derrière le baiser de 2 femmes, d'autres femmes se donnent le plaisir de la bouche et du sexe.
En grec ancien le cunnilingus n'était pas prononcé : arrêtopoeîn
littéralement « faire des choses que l'on ne peut pas nommer ». "to do things that cannot be named" (source Edoarda Barra)
Hervé Scott-Flament isabelle-et-agathe-opus3
Hervé Scott-Flament alice-et-une-amie-opus2
Hervé Scott-Flament alice-et-une-amie-opus1

vendredi 5 juillet 2013

Slurp Slurp

D'abord des dessins De Robert Crumb, les plus beaux cunnilingus parmi les plus poilus de la bédé Âge d'or de l'underground 
(http://unpetitfoutoir.blogspot.fr/2012/08/miettes-de-crumb-avec-un-peu-de-mode.html).

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Crumb 
Un auteur de BD est rarement subversif pour le monde des adultes mais il peut marquer les ados Sam Henderson raconte la découverte du cunnilingus avec Spain Rodriguez - a story called “Big Bitch”. The last panel had something none of us kids had seen before. Big Bitch was getting her vagina licked. It was beyond anything any of us knew about. Sure, somebody had told us what blowjobs were (one kid even claimed to have gotten one), but nobody had any idea it could also be performed on women. It wasn’t in any of the magazines anyone hid under their bed, so every kid in town had to see this comic.It may be debatable among the few recipients whether I was ever good at it, but I credit this comic with being the first instance of seeing the concept.
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