mercredi 28 juin 2017

Millénium Transparency

2001 La vie sexuelle de Catherine M et le passage de Catherine Millet à la télévision chez Bernard Pivot créé l'évènement. Quelques jours plus tard, débute sur M 6 la première saison de Loft Story. L'express

Naissance de la société de la transparence.

Toute ma figure barbotait dans son épaisse vulve. Je n’ai jamais gobé un ourlet aussi gonflé qui remplit en effet la bouche, ainsi que l’expriment les Méridionaux, autant qu’un gros abricot. Je me collais à ses grandes lèvres comme une sangsue, après quoi je lâchais le fruit pour étirer la langue à en déchirer le frein, profiter le plus en avant possible de la douceur de son entrée, une douceur à côté de laquelle celle du dessus des seins ou de l’arrondi des épaules n’est rien. Elle n’était pas du genre à se trémousser, elle laissait échapper de petits gémissements brefs, aussi doux que le reste de sa personne.




mardi 27 juin 2017

Lève eum'quemich'

Pour plaire à Mélanie, j'i f'ros toutes ses folies ! J'i chuch'ros bin les bouts ses dogts d'pied !
J'i prêt'ros m'quemich' pour elle mouquer sin nez !
Ch'est eune vraie cannibale, s'n'haleine elle pue l'maroil !
Quind euj'l'imbrasse, in dirot vraimint que j'mets m'bouque au c... d'un lapin !
Pour plaire à Mélanie, j'i f'ros toutes ses folies ! J'i chuch'ros bin les bouts ses dogts d'pied !
J'i prêt'ros m'quemich' pour elle mouquer sin nez !
Ch'est eune vraie cannibale, s'n'haleine elle pue l'maroil !
Quind euj'l'imbrasse, in dirot vraimint que j'mets m'bouque au c... d'un lapin !
T'as pas voulu catouiller min lézard, t'auras pas d'pipi, t'auras pas d'pinard !
T'as pas voulu catouiller min lézard, je te f'rais pas mimi ce soir !
Pot Pourri


Les capenoules formé en 1966 par Jacques Defer avec notamment Raoul de Godewarsvelde et Mimi la seule femme capenoules.

dimanche 25 juin 2017

Le sexe et le néant

Thomas Ruff voulait être photographe pour  faire de belles photographies. Devenu photographe, J’aime les photos qui n’ont rien à dire. On fait dire beaucoup à ses photos. Les inrocks

Après le portrait qu'il a interprété via une série de photos de visages type photo officiel de passeport, neutre. Le photographe ne magnifie pas, n'améliore pas. A quoi sert-il?

Après le portrait, il s'attaque au nu. Il va, bien sur, ne pas aller vers le beau. Il va travailler à partir des photos pornographiques trouvés sur internet et va chercher toutes les sexualités : hétéros, gay, lesbiens, trash, bondage, SM, peut-être même romantique (mais j'ai pas vérifié).

Quand c'est flou, y'a un loup. Mais l'image nette n'est  pas non plus la réalité.


Voir ici ou











vendredi 23 juin 2017

Cunni romantique

Certains dessinateurs ont une œuvre posthume mais pas d'histoire. Ce n'est pas le cas des frères Devéria, qui furent les animateurs du mouvement romantique. Bien sur ils sont moins célèbres que Hugo, Berlioz, Liszt et tous les autres. A vrai dire, ils ne sont plus célèbres du tout. Sur internet vous trouverez trace d'Eugène le cadet, Achille l'ainé peut être aussi les fils Théodule et Gabriel.

Comme d'habitude on parle moins des femmes : la soeur Laure dont la mort en 1838 peut avoir entrainé le déclin prématuré de la gloire des frères Devéria.  A moins que ce soit le plaisir de leurs enfants et la beauté de leurs femmes qui leur donna moins d'ambition.

Céleste Devéria la femme d'Achille, née Céleste La Motte dont le père Charles est le maître lithographe imprimeur des œuvres d'Achille. Elle deviendra également maître lithographe et prendra la succession de son père. La famille Devéria et La motte a sinon inventé, fait de Paris le centre de la lithographie en couleur.

Est-il possible qu'elle est participé à l'oeuvre érotique de son époux que nous avons déjà publié notamment pour les illustrations du Gamiani de Musset.










Je découvre l'existence de l'article la face obscène du romantisme de Judith Lyon-Caen et Alain Vaillant que je n'ai pas consulté.

Ainsi que la lettre d'Eugène à Gautier dans les études d'Olivia Voisin : la cause du naufrage de mes qualités de peintre c'est le libertinage. Le péché a tué le talent écrit-il dans son journal.

mercredi 21 juin 2017

Fanfare sexuelle

Pour le réalisateur John Cameron Mitchell, le film est le même que celui des shortbus : accueillir au sein de sa fiction des personnages “anormaux”, des originaux, des marginaux, surtout des personnages en crise, en inadéquation avec eux-mêmes ou avec la société qui les entoure. Lesinrocks

Pour critikat la chair est triste.  

Si chaque révolution sexuelle est une impasse ce n'est pas une raison pour ne pas vivre la sienne.





jeudi 15 juin 2017

En marche

Bientôt un nouvel arrivage de parlementaires qui remplaceront les anciens. La fête continue comme on dit chez nous, Show must go on comme on dit chez les autres. (J'avais écris show must go one en référence à l'égo du chef certainement)

L'occasion d'admirer le théâtre de la nature et de découvrir Georges Hoffmann ou Hoffman alias Santippa. Je n'ai aucune biographie à proposer donc on passe directement aux dessins.

Le théâtre de la nature c'est : L'accouchement dans le plaisir, le titi voyeur, le bonheur est dans le pré, l'attelage sexuel, les jeux sexuels du cirque, le pendu, le banc public, l'éléphant trompe, le gorille, les petits cochons, la peine capitale, la baignoire, le vers de terre, le monsieur au cigare de ces dames, le petit chien, la chandelle, les infirmières, le porc, le photographe, scène de rue





mercredi 14 juin 2017

Eté 37

Eté 1937 on connait cette photo  sur lequel Paul Eluard joue avec Nusch sous le regard de Roland Penrose, Man Ray et Ady Fidelin avec son sourire radieux et sa poitrine qui ne l'est pas moins. Photo pouvant être prise par Lee Miller.



La suivante prise certainement par Roland Penrose avec Lee Miller et ses seins de blonde et la moue d'Ady Fidélin.



Quel témoignage de la liberté de ce groupe. Loin de la vie politique entre front populaire et montée du fascisme.

On retrouve l'art de la mise en scène sexuelle de Paul Eluard avec Ady et Lee.



Et la série devient encore plus sexuelle sur les rochers de Cannes avec toujours la mise en scène cette fois dirigée par Nush pour ce cunni de Paul et d'Ady.  Photo de Man Ray.




 

 Vraiment un bel été.




Voir également  Monsieur Cocosse

Mettez vous en scène, sortez vos smartphones, l'été 17 sera chaud.

mardi 13 juin 2017

C'est là et c'est chien

J'ai assisté à de véritables partouzes verbales, en tout bien tout honneur, avec philosophie et cigares, et avec « encore un peu de fine, cher ami! » où l'on emploi des mots comme fellatio pour les bonnes vielles pipes bien de chez nous, et cunnilingus, des mots à vous dégouter de la chose, en latin, mon vieux, en latin, en langue morte, quoi, et quand je dis langue morte, je dis bien en langue morte, il n'y a pas d'autres mots, on glisse de Freud à Giscard d'Estaing, et à Kissinger en passant par « l'orgasme dirigé » et que je crève sur place, si je sais, soixante ans ou pas, ce que « l'orgasme dirigé » veut dire, les endroits où le dirigisme va se fourrer c'est pas croyable. (...) De toute façon, tout le monde ment, dès qu'il se met à parler, au lieu de faire. (...) Je ne suis pas un rôdeur. Tu sais, les rôdeurs, ceux qui tournent en spirales verbales autour du cul, de plus en plus prêt, mais sans passer aux actes, sans  rentrer. (...)

Il y a deux choses qu'on ne peut pas faire avec le cul : la première, c'est qu'on ne peut pas le spiritualiser, on ne peut pas le moraliser, on ne peut pas l'élever, et la seconde, c'est qu'on ne peut pas le supprimer, c'est là et c'est chien.

Le cul est encore ce qu'il y a de plus innocent dans l'homme.

Mais l'érotisme, les ouvrages érotiques, le verbalisme excitatoire, c'est l'abstention. C'est du touche-pipi posthume.

Romain Gary, La nuit sera calme 1974

En 1974, Romain Gary se livre dans la nuit sera calme et se masque pour écrire Gros câlin sous le nom d'Emile Ajar.

Gros-Câlin, avec son goût pour les orifices, [...] avait débouché dans la cuvette des w.-c. des Champjoie du Gestard, juste au moment où le malheur voulut que madame Champjoie du Gestard venait de prendre ses aises sur le siège. Gros-Câlin se dressa pour respirer [...] et ce faisant toucha la personne de madame Champjoie du Gestard. Celle-ci [...] crut d'abord à une illusion, mais lorsque Gros-Câlin persévéra dans ses efforts, donnant ici et là à la moumonette de madame Champjoie du Gestard des coups de tête dans sa sensibilité, celle-ci crut à un accident dans le tuyau et regarda à l'intérieur de la cuvette, pour se trouver devant un python de belle taille, qui émergeait. Elle poussa alors un hurlement affreux et s'évanouit aussi sec.



dimanche 11 juin 2017

Le modèle suédois

Ängie - Smoke Weed Eat Pussy 2016

Encore une jeune chanteuse pop célébrant le cunni c'est devenu une habitude. Cette fois elle vient de suède pas de quoi parler de péché suédois.



I smoke weed, eat pussy everyday
And everyday is kind of the same
I have fun and I feel no shame
I smoke weed, eat pussy everyday
And I've always been at this game
We have fun when we play this game
Everybody knows my name
We have fun when we play this game


I smoke weed, eat pussy all the time
Straight or gay, they all stand in line
It doesn't really matter, I don't know what to say
They got a thing for my ass and I'm here to play
And I will never be your baby
Cause I'm a motherfucking lady
I hit the blunt like I'm slim shady
Yeah I'm a motherfucking lady


Et si nous regardions une minute d'Un été avec Monika d'Ingmar Bergman, sorti en 1953

 

samedi 10 juin 2017

Countrylingus


Il y a tout juste 50 ans, le 2 juin 1967, disparaissait Clarence "Tom" Ashley. Chanteur, banjoïste et guitariste, Clarence Ashley et l'un des artistes les plus importants de la musique traditionnelle des Appalaches. Ashley a parcouru les Etats-Unis dans les années 1920 et 30 en se produisant dans les "medecine shows", spectacles itinérants (numéros d'hercules, d'acrobates, de magiciens et de musiciens), qui tiraient leurs bénéfices de remèdes miracles dont ils vantaient outrageusement les mérites. Soul Jazz Blues

Le cunnilingus est une medecine show.



My sweet farm girl, she's my joy and pride.
My sweet farm girl, she's my joy and pride.
She knows I know how to keep her satisfied.
So early in the morning, I cut her grass, you bet.
So early in the morning, I cut her grass, you bet.
Pull up the hose, I keep her lawn all wet.
I stoke her fire. I shake her ashes down.
I stoke her fire. I shake her ashes down.
We eat our breakfast, then we ride on back to town.
I keep her garden all free from bugs and weeds.
I keep her garden all free from bugs and weeds.
I plow her land and then I sow my seeds.
I trim her hedges. I clean out her back yard.
I trim her hedges. I clean out her back yard.
She loves her daddy because long and hard.



Ma belle fermière, c'est ma joie et mon orgueil. 
Ma belle fermière, c'est ma joie et mon orgueil.
Elle sait que je sais comment la garder satisfaite.

Donc, tôt le matin, je coupe son herbe, vous pariez.
Donc, tôt le matin, je coupe son herbe, vous pariez.
Retirez le tuyau, je garde la pelouse humide.

J'enlève son feu. Je secoue ses cendres en bas.
J'enlève son feu. Je secoue ses cendres en bas. 
Nous mangeons notre petit-déjeuner, puis on remonte en ville.

Je garde son jardin tout à l'abri des punaises et de mauvaises herbes.
Je garde son jardin tout à l'abri des punaises et de mauvaises herbes.
Je laboure son terrain et puis je sème mes graines.

Je coupe ses haies. Je nettoie son arrière-cour.
Je coupe ses haies. Je nettoie son arrière-cour.
Elle aime son papa parce que longue et dure.

mercredi 7 juin 2017

Cunnigiéniste

J’adore aussi qu’on me lèche quand je perds du sang. C’est un moyen de tester le courage de son partenaire : quand il a fini de lécher et qu’il lève les yeux, je l’embrasse pour que nous ayons l’air de deux loups venant de déchiqueter un chevreuil.

So teste ich übrigens am besten, ob es einer ernst mit mir meint: Ich fordere ihn schon bei einem der ersten Sexe zu meiner Lieblingsstellung auf: ich in Doggystellung, also auf allen vieren, Gesicht nach unten, er von hinten kommend Zunge in die Muschi, Nase in den Arsch, da muss man sich geduldig vorarbeiten, weil das Loch ja von dem Gemüse verdeckt wird. Die Stellung heißt "Mit-Dem-Gesicht-Gestopft". Hat sich noch keiner beschwert. 



En tête de la liste des best-sellers en Allemagne en 2008 (plus d'un million d'exemplaires vendus), le roman Feuchtgebiete (zones humides en version française) , de Charlotte Roche, par ailleurs présentatrice du magazine Tracks dans son pays, a suscité de violentes polémiques outre-Rhin. 
Racontant l'histoire d'Helen qui, hospitalisée pour des hémorroïdes, explore ses zones intimes et décrit avec délectation les excrétions, sécrétions et fonctions du corps féminin, le roman, décrié pour son aspect pornographique par les uns, a été salué pour son courage par les autres. L'intéressée, elle, n'y voit qu'une résistance salutaire à l'hygiénisme ambiant. Un style trash et cru, qui s'apparente à un humour subversif pour Frédéric Beigbeder (Soisbelleetparle)

Le livre a fait l'objet d'une adaptation au cinéma avec le Film de David Wnendt (Wetland) avec Carla Juri dans le rôle titre (elle sera prochainement de l'aventure Blade Runner 2), elle a également incarnée Paula Modersohn-Becker.



Ne passez pas à côté, vous manqueriez quelque chose SENS CRITIQUE

C'est également un documentaire d'Arte



mardi 6 juin 2017

Lavement en série

Depuis 2000, le web a reproduit plus de 300 aquarelles aux teintes pastel de ce genre, du même artiste anonyme (aucune n’est signée). Les amateurs se perdent en conjectures sur leur origine et l’identité du dessinateur, au style très élégant et développant des thématiques de domination féminine lesbienne ou sur de frêles adolescents, à base essentiellement de lavements, mais aussi de zoophilie, de fétichisme callipyge, de masturbation, de fessées. Des hypothèses non sourcées – ou sur la base de documents douteux – avancent le nom d’une Julie Delcourt qui serait une artiste française des années 30, ou bien un Allemand du nom de Gaggleman, voire de Hegemann, pourtant très éloigné du style connu de Richard Hegemann qui dessinait dans les années 20. On parle d’une commande privée exécutée par un Berlinois pour un riche amateur américain. abebook




lundi 5 juin 2017

Pas d'histoire

Quel est donc cette nouvelle érotique qu'avait imaginé Emile Zola en 1876. Détails très brefs. Pas d’histoire. Il s’agit de raconter la nuit que tout homme a eue, entre vingt-cinq et trente ans

Comme je l'ai dit je n'ai pas lu le scénario je fais confiance à Arnaud Verret.

Toute l’action de la nouvelle y tient en une seule nuit qu’un jeune homme partage avec une femme plus âgée et mariée, prénommée Adèle, et cette nuit adultérine devient prétexte à raconter les « sept coups tirés » par les deux protagonistes, à « aller jusqu’au bout des descriptions et des sensations, par-delà ce qui est permis à un romancier écrivant pour le public »

Tandis qu’à son arrivée, Adèle « ne montre pas un bout de peau », son déshabillement devient progressif : le premier « coup » se fait encore vêtus, le deuxième en chemise et sous les draps, le troisième dans des dessous prêts à tomber pour de bon, si bien que Zola voit dans cette succession l’ étude de la femme qui enlève toute sa pudeur convenue et les conventions dans lesquelles on l’a connue jusque-là, en enlevant son dernier jupon.

La sexualité est tournée vers le sexe féminin, Adèle a de la bête entre les cuisses.

Comme pour Musset avec Gamiani, Emile Zola veut tout nommer sans sortir du vocabulaire chaste » : le mot cru fait rire, et je ne veux pas faire rire. Je ne veux pas non plus faire cochon, tout en faisant très ardent.

On ne saura jamais si Emile Zola avait aussi le génie-tal.

Pour me faire pardonner cette dernière phrase :

 

Serge Petrovitch Ivanoff
1893 - 1983

vendredi 2 juin 2017

Toute une société se ruant sur le cul

Toute une société se ruant sur le cul. Cette phrase extrait de Nana montre l'importance du sexe dans la société que décrit Zola : celle du III empire et de la moralité publique. Nana est un ferment de destruction, mais cela sans le vouloir, par son sexe seul et par sa puissante odeur de femme, détruisant tout ce qu’elle approche… Le cul dans toute sa puissance le cul sur un autel et tous les sacrifiants devant. Il faut que le livre soit le poème du cul et la moralité sera le cul faisant tout tourner.

Nana marquise des hauts trottoirs, chair de marbre, son sexe assez fort pour détruire tout ce monde et n’en être pas entamé (on retrouve ici Esther de Balzac dans Grandeur et misère des courtisanes)

L'autre grand roman sexuel de Zola c'est la curée et Renée vêtue d'un maillot couleur tendre, qui lui montait des pieds jusqu’aux seins, en lui laissant les épaules te les bras nus; et, sur ce maillot, une simple blouse de mousseline, courte et garnie de deux volants, pour cacher un peu les hanches. Dans les cheveux, une couronne de fleurs des champs; aux chevilles et des poignets des cercles d’or. Et rien autre. Elle était nue.

Mais Zola dans sa soif de dire la vérité toute la vérité quand il s'agit de l'acte sexuel doit arrêter le récit : Dans nos histoires d’amour, écrit Zola, quand nous arrivons au dénouement final, à l’acte sexuel, nous nous arrêtons, nous ne mettons qu’un mot ; eh bien ! tout dire, continuer à décrire et à analyser la jouissance, avec mes procédés de romancier réaliste et coloriste.

On  peut penser que le texte érotique l’intéresse en tant qu'exercice de style et c'est également un défi des cercles de l'époque. Zola en fréquentait 2 : le dîner des Cinq avec Flaubert et le groupe de Médan avec Maupassant et Huysmans. Dans ces dîners masculins les blagues et défis graveleux, lubriques sont habituels.

Et l'idée de se mesurer au Gamiani (1833) attribué à Musset ne doit pas être étranger a cette envie. Selon Huyssman Musset paria qu’en évitant toute expression crue ou érotique, il écrirait le volume le plus « Cela » que l’on pourrait rêver dans ce genre. Relever ce pari devait plaire à Zola.

En 1877, Maupassant réalisera la pièce  À la Feuille de rose où furent invités, outre Flaubert et Tourgueniev, Zola, Daudet et Goncourt.

Mais comme nous le voyons avec Nana et La curée la société toute entière est un foutoir, c'est ce foutoir que Zola s'attachera à dévoiler la vérité. Peut-être aussi qu'Alexandrine ne l'en ait dissuadé.

Il n'eut pas besoin d'écrire ce texte  pour que tout au long de sa carrière, Zola fut taxé de pornographie par ses détracteurs qui entendaient sous cette accusation la représentation complaisante de détails infâmes en littérature, sans que ceux-là aient trait à la seule sexualité. On connaît la célèbre critique de Louis Ulbach à propos de Thérèse Raquin qui dénonçait la « littérature putride » contemporaine, celle d’Albert Millaud à propos de L’Assommoir qui voyait dans le roman non pas du réalisme et de la crudité, mais de la malpropreté et de la pornographie, celle signée Ambroise Macrobe dans son glossaire La Flore pornographique.

jeudi 1 juin 2017

Ah ! cochons ! cochons ! cochons !

En 1876, Emile Zola rédige quatorze feuillets au verso du brouillon de Son Excellence Eugène Rougon Il s’agit du scénario d’une nouvelle érotique demeuré à l’état d’ébauche et jamais imprimé. Je n'en connais pas le texte qui est conservé à la BNF et qui est porté à ma connaissance par Arnaud Verret dans sa thèse de 2015 Monstres et Monstrueux dans l’œuvre d'Emile Zola (La Sorbonne).

Grâce à lui on fait le rapprochement entre le cunnilingus de la nouvelle et la scène de fellation entre Aristide Saccard et la baronne Sandorff dans le roman l'argent publié en 1891.

Le passage le plus représentatif en est sans doute dans L’Argent où, au sein d’un même décor, le cunnilingus du manuscrit devient une fellation interrompue. Il n’y a qu’à comparer les deux extraits pour être frappé de la ressemblance des positions, des regards, du vocabulaire.
 
Quand il s’agit de « faire mimi », Adèle
« n’a plus que sa chemise et se renverse en riant au bord du lit. Alors la femme pâmée au bord du lit, la chemise roulée et retroussée jusqu’aux seins, les jambes traînant à terre sur le tapis, la tête renversée et cachée sous ses bras repliés. On voit des bouts de pieds jusqu’au-dessous des seins, le ventre, les hanches, les cuisses, etc. Le con, à demi ouvert, entrevu pour la première fois».
 
 
Quand il s’agit de s’adonner à la pratique inverse,
« devant le grand feu, aux braises ardentes, Saccard était sur le dos, couché au bord de la chaise longue, n’ayant gardé que sa chemise, qui, roulée, remontée jusqu’aux aisselles, découvrait, de ses pieds à ses épaules, sa peau brune, envahie avec l’âge d’un poil de bête ; tandis que la baronne, entièrement nue, toute rose des flammes qui la cuisaient, était agenouillée ; et les deux grosses lampes les éclairaient d’une clarté si vive, que les moindres détails s’accusaient, avec un relief d’ombre excessif »

Illustration Benoit Feroumont